PEINTURES


  • Triptyque Trotskiste
  • Autoportraits
  • Cycle mexicain
  • Réminiscences classiques
  • Interrogations politiques
  • Interrogations philosophiques
  • Tatic

  •  
    Une peinture engagée doublement: dénoncer l'horreur du XXe siècle, oui bien sûr, mais aussi retrouver la grande technique des écoles vénitienne, flamande et hollandaise. Vlady peint l'aventure intellectuelle et sensible de l'humanité avec un enthousiasme désespéré.

    La peinture de Vlady répond une double quête: comment traduire l'abomination non pas seulement théorique mais aussi visuelle et même sensuelle de notre siècle? Comment retrouver la pérennité de l'art des grands maîtres vénitiens ou florentins? «Si je vivais dans l'atelier de Giorgione ou de Verrocchio, je n'aurais pas besoin de penser à la technique. La peinture était établie. Aujourd'hui, l'art de peindre est perdu. Il faut tout repenser.»

     
     
    De son héritage révolutionnaire, Vlady a retiré la passion des causes perdues. C'est dans l'échec politique et historique que se cache l'humanité de notre siècle. La peinture de Vlady est une satire virulente de toutes les formes de pouvoir et une redécouverte des voix étouffées qui ont su dire non à l'abomination. Le piolet qui a servi à assassiner Trotsky est un symbole du mal absolu. On le retrouve un peu partout dans son oeuvre. Quand Vlady invoque les mânes de la Renaissance italienne, Rembrandt, Rubens et Velasquez, les grands mythes classiques et précortésiens, Nietzsche et le subconscient freudien, on ne ressent aucune trace d'érudition. Les avatars de l'humanité entrent dans notre vie comme autant de vieux amis retrouvés et que l'on s'étonne de voir si peu changés. Le résultat est une image hallucinée de la réalité: quatre cents ans d'histoire s'abîment dans l'instant présent, fugace et toujours incertain, et le magnifie.


     
     
    Pour Vlady, l'art de peindre a été perdu au XIXe siècle. De Van Gogh à Bacon, il y a des créateurs de génie, mais sans technique. Dans deux siècles, leurs oeuvres seront effacées, dégradées, disparues. Il faut jeter toutes les peintures en tube. Pas de pérennité dans la couleur industrielle. Briser des oeufs tous les jours et réapprendre l'art de la tempera. Avec humilité. La tempera, c'est le dessous indispensable à toute peinture. Ensuite il faut créer les couleurs une à une dans le creuset de l'alchimiste et les déposer en fines couches sur l'oeuvre. Chaque empâtement ajoute à la sensualité de l'oeuvre. Vlady travaille sur le temps. Un tableau peut prendre 10 ans à composer. Ce qui importe est que l'oeuvre atteigne à la lumineuse transparence du «réalisme magique». Ce n'est qu'au terme de 30 ou de 40 couches successives que surgit la note juste. Alors le vernis fixe cet équilibre pour l'éternité.

    Le résultat est une peinture aérienne qui privilégie l'onde, le mouvement et les convulsions. Que ce soit dans la ligne nette ou dans la forme la plus massive, on se trouve plongé au sein d'un univers en ébullition. Le «big bang» n'est pas loin et des éclats de toutes sortes continuent de se déchaîner selon une architecture souverainement puissante - mais libre. Vlady est le peintre du mouvement.